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L'enjeu d'une thérapeutique du vivant

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« Ce que je fais, quand j’énonce le remède, quand je parle en termes de remède, c’est accomplir l’acte de colmater imaginairement toute fêlure, brisure ou coupure. »
- Marie-Louise Pellegrin 

Dans l’histoire des sciences, le mot remède a subi un glissement majeur. 
Du latin remedeor (apporter du soin, restaurer une intégrité menacée), nous sommes passés à un fantasme de complétude c'est-à-dire l’illusion d’un corps lisse et figé, dont chaque maladie serait un dysfonctionnement à reboucher d'urgence. 

Ce basculement s’est cristallisé à la fin du XIXᵉ siècle avec le paradigme pasteurien. Dans leur analyse sur la naissance de l’industrie de la santé, Anne-Marie Moulin et Annick Guenel le rappellent avec netteté :
"Alors que le remède traditionnel s’appuyait sur la natura medicatrix et l’observation des règnes de la nature, le médicament moderne s’est fondé sur une logique de guerre et de maîtrise ; asservir le biologique, manipuler des germes virulents en laboratoire et concevoir le corps comme une citadelle assiégée qu'une « police médicale » doit contraindre et administrer." 
La pharmacologie est devenue une science de la matière et de la chimie analytique. Elle mesure les seuils, isole des molécules, colmate des brèches, mais elle a laissé sans réponse la question fondamentale : 

👉 Comment le remède peut-il entrer en véritable relation formative et vivante avec l’être humain ? 

Si l’on regarde le vivant à la lumière des lectures et inspirations que j'ai pu avoir, le corps n'est ni une machine défaillante à réparer mécaniquement, ni une statue figée dont il faudrait effacer les failles : 

- Le symptôme n’est pas un ennemi : c’est une rupture d’équilibre qui cherche une métamorphose et un sens avant d'être supprimée, 
- Le remède n’est pas un projectile : de la racine (polarité neurosensorielle) au déploiement de la fleur (pôle métabolique), la plante curative offre un miroir dynamique à nos déséquilibres, transmettant une orientation formative au corps, 
- La santé n’est pas un état figé : elle est une capacité continue à traverser la perturbation, métaboliser et se re-stabiliser sans se rigidifier.

Tant que nous demanderons aux remèdes d'effacer nos failles pour nourrir un fantasme d'invulnérabilité, nous multiplierons les actes sans toucher à la racine du trouble. 

👉L'enjeu d'une thérapeutique du vivant n'est pas de colmater mécaniquement une brèche, mais de restaurer le dialogue entre l'homme et les forces formatrices de la nature.

« Ce que je fais, quand j’énonce le remède, quand je parle en termes de remède, c’est accomplir l’acte de colmater imaginairement toute fêlure, brisure ou coupure. »
- Marie-Louise Pellegrin

Dans l’histoire des sciences, le mot remède a subi un glissement majeur.
Du latin remedeor (apporter du soin, restaurer une intégrité menacée), nous sommes passés à un fantasme de complétude c'est-à-dire l’illusion d’un corps lisse et figé, dont chaque maladie serait un dysfonctionnement à reboucher d'urgence.

Ce basculement s’est cristallisé à la fin du XIXᵉ siècle avec le paradigme pasteurien. Dans leur analyse sur la naissance de l’industrie de la santé, Anne-Marie Moulin et Annick Guenel le rappellent avec netteté :
"Alors que le remède traditionnel s’appuyait sur la natura medicatrix et l’observation des règnes de la nature, le médicament moderne s’est fondé sur une logique de guerre et de maîtrise ; asservir le biologique, manipuler des germes virulents en laboratoire et concevoir le corps comme une citadelle assiégée qu'une « police médicale » doit contraindre et administrer."
La pharmacologie est devenue une science de la matière et de la chimie analytique. Elle mesure les seuils, isole des molécules, colmate des brèches, mais elle a laissé sans réponse la question fondamentale :

👉 Comment le remède peut-il entrer en véritable relation formative et vivante avec l’être humain ?

Si l’on regarde le vivant à la lumière des lectures et inspirations que j'ai pu avoir, le corps n'est ni une machine défaillante à réparer mécaniquement, ni une statue figée dont il faudrait effacer les failles :

- Le symptôme n’est pas un ennemi : c’est une rupture d’équilibre qui cherche une métamorphose et un sens avant d'être supprimée,
- Le remède n’est pas un projectile : de la racine (polarité neurosensorielle) au déploiement de la fleur (pôle métabolique), la plante curative offre un miroir dynamique à nos déséquilibres, transmettant une orientation formative au corps,
- La santé n’est pas un état figé : elle est une capacité continue à traverser la perturbation, métaboliser et se re-stabiliser sans se rigidifier.

Tant que nous demanderons aux remèdes d'effacer nos failles pour nourrir un fantasme d'invulnérabilité, nous multiplierons les actes sans toucher à la racine du trouble.

👉L'enjeu d'une thérapeutique du vivant n'est pas de colmater mécaniquement une brèche, mais de restaurer le dialogue entre l'homme et les forces formatrices de la nature.

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