L’histoire du sommeil : comment la révolution industrielle a transformé nos nuits
- Renan Bernard
- il y a 18 heures
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Dernière mise à jour : il y a 1 heure
Du rythme biphasique à la norme moderne : l'histoire du sommeil selon Roger Ekirch
Par Roger Ekirch – historien et professeur à l’Université de Virginie
Préface de Jérôme Vidal et postface de Matthew Wolf-Meyer
Écrire l’histoire du sommeil peut sembler, de prime abord, une entreprise insolite. Objet d’étude traditionnellement réservé aux biologistes en raison de sa dimension physiologique, le sommeil reste le parent pauvre des sciences sociales. Pourtant, alors que nous y consacrons un quart à un tiers de notre existence, l'étude du temps social a longtemps ignoré ce qui se joue une fois la nuit tombée.
C’est précisément ce vide que vient briser l'historien américain Roger Ekirch. Par ses travaux révolutionnaires publiés en 2001, il démontre que le sommeil n’est pas une constante biologique immuable, mais un objet culturellement et historiquement situé. En explorant la transition entre l'ère préindustrielle et la modernité, Ekirch met en lumière une mutation fondamentale : le passage d’un sommeil biphasique (en deux temps) à un sommeil monophasique (en un bloc).
L'article qui suit se propose de retracer les grandes lignes de cette découverte, en explorant comment l'éclairage artificiel et la discipline industrielle ont redessiné nos nuits. Il est important de noter que cet article ne constitue qu'une introduction synthétique à l'ouvrage complet, qui réunit trois articles majeurs de l'auteur, accompagnés d'une préface de Jérôme Vidal et d'une postface de Matthew Wolf-Meyer pour approfondir cette passionnante archéologie du repos.
En fin d'article, je vous donne mon point de vue sur le sommeil ainsi que quelques conseils pour mieux appréhender le sommeil en consultation ou pour vous-même.

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Sommaire
Introduction : la redécouverte d'un rythme oublié
Le voyage de Stevenson et la réalité du sommeil biphasique
Historiographie et méthodologie de l'ombre
Sociologie et perceptions du sommeil pré-industriel
Médecine, croyances et durées du repos
L'environnement nocturne et la vie domestique
Rituels, confort et sécurité face aux périls de la nuit
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Introduction
En 2001, Roger Ekirch publiait un article dans l’American Historical Review soutenant une thèse peu commune sur l’histoire du sommeil. Il était intitulé : « Le sommeil perdu. Dormir dans avant la révolution industrielle dans les îles britanniques ».
En 2005, Roger Ekirch publiait un nouveau livre « At Day’s Close, Night in Times Past » qui constitue une vue de la « culture de la nuit » à l’époque pré-industrielle.
En 2015, il fait paraître un nouvel article dans la revue Past and Present portant le titre « La modernisation du sommeil occidental, ou l’insomnie a-t-elle une histoire ? ». Il explore la période de transition entre le sommeil de pré-industriel et le sommeil « modernisé », soulignant au passage la quasi simultanéité de cette transition et de l’invention d’une pathologie ignorée jusque-là, à savoir l’insomnie de milieu de nuit.
La thèse d’Ekirch se résume en quelques mots. Jusqu’à la révolution industrielle, le sommeil nocturne occidental était segmenté, coupé généralement en deux blocs de durée à peu près égale. Le « premier sommeil » et le « second sommeil », qui étaient séparés par une période de veille pouvant durer près d’une heure agrémentée de diverses activités.
Avec la révolution industrielle, la bureaucratisation des sociétés fut accompagnée de transformations et de bouleversements, en particulier la diffusion toujours plus large de nouvelles technologies d’éclairage artificiel. À côté de cela, il y a également l’imposition d’une organisation sociale du temps liée à une nouvelle discipline du travail. Le résultat est que se crée un double processus de consolidation du sommeil et de compression de sa durée, ce qui aurait abouti à l’imposition de la norme du sommeil en un bloc de 8h ininterrompues, norme qui à l’heure actuelle est encore considérée comme « naturelle ».
La prévalence du sommeil segmenté biphasique dans les temps anciens serait alors tombée progressivement dans l’oubli.

Le voyage de Stevenson et la réalité du sommeil biphasique
Ce chapitre est donc un premier article de Roger Ekirch débutant par l’exemple de Robert Louis Stevenson, romancier célèbre pour le roman « L’île aux trésors ». À cette époque (1878) Stevenson voyage avec un âne dans le Midi de la France. Au milieu de son expédition, au sommet d’un mont qu’il vient de gravir, il s’arrête pour la nuit. Après son repas, il s’installe dans sa tente et s’endort. Un peu après minuit, il se réveille, fume une cigarette tout en contemplant la nuit profonde.
Selon Ekirch, hormis le fait de passer la nuit en pleine nature, rien ne justifie ce réveil méditatif de près d’une heure. Il explique ensuite que ce que Stevenson vient d’expérimenter était très courant autrefois parmi la population. En effet, jusqu’à l’époque contemporaine, le sommeil était interrompu 1h (parfois plus) au milieu de la nuit. Les membres de chaque famille quittaient le lit pour uriner, fumer un peu de tabac, rendre visite aux voisins. C’était aussi l’occasion d’avoir des relations sexuelles, prier ou encore d’avoir une activité méditative sur les rêves après cette phase de premier sommeil.
Concernant les rêves, il nous dit que ces visions ne seraient pas aussi vives et le souvenir si marqué si les dormeurs allaient jusqu’au bout de leur nuit. D’un point de vue historique, les conséquences de telles pratiques de repos sont considérables si l’on en prend en compte l’importance accordée aux rêves par les habitants. Ils étaient souvent associés à une forme de prédiction sur base de leur interprétation.
Ekirch avance qu’en plus de suggérer que le sommeil d’une traite tel qu’il est pratiqué aujourd’hui n’est pas naturel, le sommeil segmenté, biphasique offrait à l’inconscient une vaste voie d’accès au monde éveillé. Une voie restée grande fermée depuis la révolution industrielle.
Historiographie et méthodologie de l'ombre
L’auteur s’intéresse et donne quelques exemples du sommeil pris dans la société britannique. Ces éléments sont bien entendu valables aussi dans la société occidentale au sens large. Il s’est particulièrement intéressé à la structure du sommeil qui prédominait avant la révolution industrielle car avant lui, peu se sont intéressés au sommeil des siècles passés. Il déplore que l’on ne trouve que quelques vagues références dans quelques monographies éparses relatives aux sommeils et plus précisément à la question des rêves. Il déplore également le fait que les historiens ont négligés l’étude des rituels précédant le coucher, le manque de sommeil et la diversité des modalités du sommeil selon le statut social.
Son but est de ressaisir les caractéristiques principales du sommeil et aussi souligner l’importance de ce dernier dans la vie quotidienne. Ensuite il pose les fondements d’un examen approfondi du sommeil segmenté et de ses relations profondes aux rêves à l’époque moderne. Ce qui est au cœur de son propos, c’est la place laissée par le sommeil dans la vie des hommes et des femmes ordinaires de l’époque moderne, ce qui ne constituait pas nécessairement la garantie d’un sommeil réparateur.
Pour établir cette théorie, il a utilisé des documents très variés comme les journaux intimes, les livres de médecine, les œuvres de fiction et les dépositions judiciaires dans lesquels on trouve de fréquentes références au sommeil qui sont pour la plupart révélatrices. Ce n'est que récemment que des chercheurs ont entrepris d'étudier l'hygiène de vie des personnes à l'époque. Ces chercheurs ont porté une attention inédite sur des aspects fondamentaux situés à l'époque pré-industrielle, tels que l'hygiène, les vêtements et les habitudes alimentaires. Le sommeil fut, cependant, encore négligé. Nos heures de sommeils sont animées, volatiles et différenciées, le sommeil en contrepartie semble passif, monotone et dépourvu de caractère. Tout des aspects peu susceptibles d'éveiller un quelconque intérêt dans le chef de disciplines universitaires. Surtout que l'histoire s'attache avant tout à retracer les changements majeurs dans le temps.
Sociologie et perceptions du sommeil pré-industriel
La littérature, notamment anglaise prise en exemple par l'auteur, fourmille de références propres à entretenir nos préjugés sur le sommeil. Assurément, les misères de la vie quotidienne donnaient au sommeil l'apparence d'un oasis de sérénité. Parfois les écrivains voyaient dans le sommeil un sanctuaire préservant les sens de leurs préoccupations. Certains faisant remarquer que dans le sommeil, la population oubliaient les labeurs du jour et dans l'oubli enterraient leurs peines.
Ces bienfaits n'étaient pas strictement réservés aux privilégiés. À une certaine époque, les différences de distinction, de rang et de statut dominaient et le sommeil seul faisait du miséreux l'égal du noble. Sir Philip Sidney voyait ainsi dans le sommeil "la richesse du pauvre". À cette affirmation se rattachait la croyance selon laquelle les ouvriers, les "esprits simples", autrement les classes laborieuses, jouissaient d'un sommeil plus profond. Alors que le noble est assailli de préoccupations et de soucis.
Dans une certaine mesure, le sommeil soulageait des préoccupations quotidiennes les personnes fatiguées et ce, dans toutes les couches sociales de la population. Le principal apport du sommeil n'était pas simplement d'ordre physiologique mais aussi psychologique. Ainsi dans l'argot londonien, s'endormir fait référence à "s'oublier". Il est aussi possible que le réconfort que les personnes en retirait était inversement proportionnels à la qualité de vie, les personnes situées en bas de l'échelle sociale étant celles qui attendaient avec le plus d'impatience le moment de dormir. Étant donné la dureté de leurs heures de veille et de labeur, la plupart des travailleurs appréciaient de se retirer pour dormir, même dans des situations précaires.
Médecine, croyances et durées du repos
Mais est-ce que le sommeil constituait-il habituellement un véritable refuge ? Est-ce que les personnes bénéficiaient vraiment d'un sommeil ininterrompu à une époque où n'existaient pas les somnifères, ni les bouchons d'oreille ? De plus, est-ce que toutes les classes sociales profitaient-elles de leur sommeil ?
Dans son journal, un dénommé Cowper précise que le sommeil lui-même n'est pas dénué de troubles, sans préciser lesquels. Tandis que Thomas Nashe évoque le dérangement et la perturbation des pensées quand elles passent du labeur au relâchement. Les personnes de rang "inférieur" avaient de bonnes raisons d'attendre avec impatience l'heure du coucher, mais est-ce que la qualité de leur sommeil était-elle pour autant comparable à celle des classes privilégiées ?
L'indifférence des historiens à l'égard du sommeil est profondément ancrée, tant et si bien que pour ce qui concerne la période antérieure au 19e Siècle, subsiste toujours des énigmes. Notamment celles du moment du sommeil et sa durée. L'heure du coucher, l'heure du réveil et la durée du sommeil variait bien entendu d'une nuit à l'autre mais n'ont jamais fait l'objet d'une étude approfondie.
Selon les savants de l'époque, une nuit de sommeil était nécessaire pour l'humeur, mais aussi pour la bonne santé du corps. Selon la croyance aristotélicienne, le besoin de dormir trouve son origine dans un processus que l'on appelle "Concoction", se déroulant dans l'abdomen. Selon l'auteur Thomas Cogan, une fois la viande et les autres aliments digérés par l'estomac, des vapeurs remontent jusqu'à la tête et là, elles se trouvent congelées par la froideur du cerveau, stoppant les conduits et voies des sens, procurant finalement le sommeil.
Non seulement la nuit invitait au sommeil, en raison de sa moiteur, de son silence et de son obscurité, mais on considérait que ces propriétés étaient particulièrement adaptées à la concoction. Énormément d'auteurs de l'époque attribuaient au sommeil la vertu d'augmenter la vitalité et la bonne humeur, ainsi que d'augmenter la longévité. Un proverbe italien disait d'ailleurs que le lit est un médicament. Une croyance disait également que se coucher tôt permettait de profiter pleinement de tous les bénéfices du sommeil.
L'environnement nocturne et la vie domestique
Un auteur disait : "celui qui se couche et se lève tôt se réveille revigoré, plein d'entrain et d'énergie". Mais rétrospectivement, il n'est pas évident de savoir quelle heure était idéale selon l'expression "early to bed" - "se coucher de bonne heure. L'usage commun était-il de se coucher avec le soleil ou une heure plus tardive était-elle habituelle ? Un autre proverbe bien connu dit : "une heure de sommeil avant minuit vaut 3h après", ce qui suggère que se coucher tôt signifiait possiblement tout autre chose que se coucher avec le soleil, au crépuscule.
Il était aussi courant de louer le sommeil en soulignant son importance manifeste pour la santé, mais il était encore plus fréquent pour les contemporains de montrer du mépris pour un sommeil excessivement prolongé. C'était d'ailleurs manifeste dès le 16e Siècle où l'on se montrait toujours plus soucieux du bon usage du temps. Quelle était, aux yeux des moralistes de l'époque, la quantité convenable de sommeil ? Le médecin Andrew Boorde, à l'époque des Tudors, jugait que le sommeil devait être proportionné à la complexion de l'homme. Certains prescrivaient un ajustement selon les saisons, comme de dormir 8h l'été et 9h durant l'hiver. Jeremy Taylor prescrivait un régime de seulement 3h. Mais la plupart des auteurs anglais recommandaient le plus souvent 6h à 8h de sommeil. Quelques soient les opinions, il existaient nombre d'aphorismes : "La nature en requiert cinq, l'usage s'accommode de sept, la paresse de neuf et la méchanceté de onze."
L'obscurité véhiculait son lot de croyances diverses ce qui créait un effet dissuasif sur les activités nocturnes. Pourtant, les habitants apprenaient dès le plus âge à s'orienter dans la nuit grâce aux coutumes locales et à leur connaissance du monde naturel. Ils dépendaient intégralement de leurs autres sens (ouïes, odorat et du toucher). Il convient de prendre en compte aussi le prix des chandelles de suif et des bougies de cire qui étaient élevés. Ils utilisaient donc souvent des éclairages plus primitifs comme les chandelles à mèches de jonc ou à bois de résineux. Les journaux intimes indiquent que les individus des classes supérieures allaient se coucher entre 21h et 22h.
Rituels, confort et sécurité face aux périls de la nuit
Les lits avaient une importance toute particulière. Il s'agissait habituellement des biens les plus coûteux. En Angleterre, vers le 15e et 16e Siècle, ils évoluèrent de paillasses rudimentaires vers des structures complexes en bois avec matelas de bourre. Les familles plus fortunées pouvaient se permettre des châlits surélevés, des matelas de plumes et d'épais rideaux. Dans les foyers modestes, les lits représentaient souvent un quart de la valeur de toutes les possessions du ménage.
Quand venait l'heure du coucher, les rituels aidaient à réduire l'anxiété. Le sommeil représentait un état de vulnérabilité sans équivalent. Le risque d'intrusion nocturne était une peur bien ancrée. Les classes aisées se préparaient au coucher comme pour un siège : issues barricadées et chiens lâchés. L'arsenal comprenait des épées, des armes à feu, des gourdins. Les nuits de grande frayeur, tout le monde dormait ensemble dans le même lit.
Ensuite, il fallait se débarrasser des insectes nuisibles (puces et punaises). L'hiver, les lits étaient réchauffés au moyen d'une bassinoire ou de pierres chauffées. Il fallait souffler les bougies pour prévenir les incendies, risque conséquent dans les villes denses. Pour protéger sa tête de l'air frais, on portait des bonnets de nuit. Les classes populaires dormaient parfois nu ou gardaient leurs habits de jour pour s'épargner l'achat de couverture ou se lever plus vite.
Pour calmer les angoisses, l'usage de l'alcool était relativement courant (Brandy ou Laudanum). Enfin, la sagesse populaire recommandait de ne pas manger tard et de commencer à dormir sur le côté droit afin de faciliter la digestion.
Mon analyse
Dans notre monde occidental, les troubles du sommeil sont devenus monnaie courante. Pourtant, pour bien comprendre l'insomnie, il faut aussi s'intéresser à son opposé : l’état de veille. Sommeil et veille ne sont pas des états isolés, mais les deux pôles d'un même processus rythmique qui définit ce que nous sommes, des humains.
Les quatre piliers de l'être
Pour comprendre cette approche, il faut visualiser l'être humain composé de quatre éléments :
Le corps physique (la matière).
Le corps éthérique (les forces de vie, comme chez les plantes).
Le corps astral (le siège des sentiments et de la conscience - lié à l'âme).
Le "Je" (notre individualité spirituelle).
Qu'est-ce que le sommeil ?
Contrairement aux apparences, le sommeil n'est pas une simple extinction. C'est un mouvement de retrait.
À l'état de veille : le "Je" et le corps astral sont pleinement intégrés dans nos corps physique et éthérique. C'est ce qui nous permet de penser, de ressentir et d'agir. En d'autres termes, de vivre notre vie.
Pendant le sommeil : le "Je" et le corps astral se détachent. Ils quittent les corps inférieurs pour se "ressourcer" dans le monde spirituel. Pendant ce temps, le corps éthérique travaille intensément à la régénération et à la réparation de l'organisme physique.
L'insomnie survient lorsque ce détachement ne peut pas se faire correctement. C'est un peu comme si les éléments supérieurs restaient "scotchés" au corps physique, empêchant le repos nécessaire.
Les causes de l'insomnie et les pistes de solutions
L'approche anthroposophique cherche toujours la cause profonde plutôt que de simplement masquer les symptômes. C'est exactement le même principe qu'en naturopathie et d'autres approches intégrées. Je m'écarte volontairement du terme fonctionnel qui a tendance a négliger le côté émotionnel au profit unique de l'hormonal.
1. Les causes physiologiques
Le foie : un réveil régulier vers 3 heures du matin peut signaler une faiblesse hépatique. Des plantes comme le Carduus marianus (chardon-marie) ou des compresses chaudes sur la région du foie peuvent aider déjà grandement. Cela fonctionne déjà fort bien sur la plupart des individus en consultation. C'est aussi ce qui est préconisé en MTC (Médecine Traditionnelle Chinoise).
La digestion : un repas trop lourd sollicite trop les forces de conscience vers le pôle digestif, empêchant le corps astral de se libérer pour le sommeil. C'est bien connu qu'un repas trop riche, trop gras, alcoolisé, pris trop tard fait que le sommeil n'arrive puisque toutes les forces sont dirigées sur le système digestif en train de travailler. Le détachement vers le sommeil est dans ce cas impossible.
2. Les facteurs de constitution
Le type "Neurasthénique" : ce sont des personnes dont la pensée est très active mais dispersée. Elles ont du mal à "s'incarner" le matin et s'épuisent nerveusement. Typiquement, on peut penser au tempérament sanguin qui peut être sujet à ce type de déséquilibre.
Le type "Hystérique" : à l'inverse, ici le "Je" et le corps astral sont trop faiblement liés au pôle supérieur et ont tendance à "s'agripper" par peur de se détacher. Ici, on peut penser au tempérament colérique/bilieux ayant dû mal à lâcher ses objectifs et ses nombreuses activités menées tambour-battant.
3. L'environnement et l'hygiène de vie
Le froid : avoir les pieds froids est un obstacle majeur au sommeil, car cela empêche le corps astral de se détacher. Les bains de pieds alternés (chaud/froid) sont recommandés.
La faim : une hypoglycémie nocturne peut provoquer un réveil prématuré. Le fameux "verre d'eau sucrée" de nos grands-mères a une base physiologique réelle. Mais l'on s'attachera également dans l'analyse des repas lors de la consultation à éventuellement modifier le contenu du repas du soir avant le coucher afin de comprendre d'où vient cette hypoglycémie réactionnelle.
Le piège des somnifères et compléments naturels
Les somnifères chimiques ne "guérissent" pas l'insomnie ; ils créent une illusion de sommeil. Pour retrouver un cycle naturel, un sevrage progressif est souvent nécessaire, accompagné de remèdes naturels comme la Valériane, la Passiflore ou l'Avena sativa (avoine). Les remèdes naturels peuvent être d'un grand secours mais comprendre le rythme de vie de la personne est primordial car la cause du déséquilibre s'y trouvera probablement. Ces remèdes n'agiront pas si la cause n'est pas trouvée. En d'autres termes, je conseille d'appliquer les principes d'hygiène vitale et de soutenir par la phytothérapie.
La dimension spirituelle
Enfin, l'insomnie moderne est parfois liée à une "peur inconsciente" du monde spirituel. Dans une société très matérialiste, l'âme peut ressentir le moment de l'endormissement (le retour vers l'esprit) comme une chute dans le néant. Cultiver une vie intérieure, ne serait-ce que par cinq minutes de méditation quotidienne, peut aider à pacifier ce passage.
En résumé : le sommeil et la veille sont comme une respiration. Le matin, nous "inspirons" notre "Je" et notre corps astral ; le soir, nous les "expirons". Retrouver le sommeil, c'est réapprendre à faire confiance à ce rythme fondamental de la vie.




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