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La feuille médiane

  • Renan Bernard
  • il y a 6 heures
  • 8 min de lecture

Le cœur battant du lien plante-humain


Ce principe a pour idée principale d'établir des correspondances (et des oppositions) entre les plantes à fleurs et l'humain. Les plantes à fleurs sont les seules dont les parties de l'organisme sont les plus développées (racines, tiges, feuilles, fleurs, fruits, graines, etc.) et nettement distinctes. Chaque fonction ayant son organe précis et approprié. Chez les végétaux dits "inférieurs", on observe souvent des fonctions entremêlées, des organes confondus.


Je vais essentiellement m'attacher à décrire le processus de la feuille qui m'intéresse tout particulièrement afin de réaliser des liens avec la sève et le fonctionnement humain. Il y a bien sûr des différences mais des rapprochements peuvent être expliqués également. L'idée est de vous en faire part car je pense qu'établir ces liaisons permet aussi de pouvoir mieux prendre en charge des personnes en consultation. Ce n'est évidemment qu'un petit aperçu théorique. Lors des formations, le sujet est abordé de manière plus complète et dense.


C'est une approche fascinante qui rappelle les principes de la botanique goethéenne, où la plante devient un miroir de notre propre organisation interne. Le passage par la feuille, cet organe de métamorphose et d'échange respiratoire, est particulièrement riche pour évoquer le système rythmique humain.



Les processus de la feuille et le pôle rythmique

La partie médiane de l'homme constituant la respiration et la circulation correspond à la feuille. Sa tâche est avant tout de maintenir l'équilibre entre le pôle de la forme (neurosensorielle - tête) et le pôle de la substance (métabolisme/reproduction - organes). Elle détermine donc la santé ou la maladie. Il s'agit de l'endroit dans l'homme où les poumons réalisent un échange de gaz entre intérieur et extérieur, où la circulation du sang a son centre.

Si le haut est en équilibre rythmique avec le bas, l'homme est en santé. S'il survient un déséquilibre que la partie médiane ne peut compenser, l'homme tombe malade. Le fait d'être malade est toujours la conséquence d'un déséquilibre et toute thérapeutique doit viser à rétablir l'équilibre des forces.

Par exemple, lorsque le pôle de la forme prend le dessus et submerge le pôle rythmique et envahit le métabolisme, l'homme tombe malade. Survient toutes les maladies dites "durcissantes" qui se matérialise par la goutte, les rhumatismes, les lithiases, les scléroses. En naturopathie, cela fait essentiellement référence au principe de l'acidose. En alimentation dynamique, cela vise à renforcer le pôle métabolique médian pour qu'il refoule dans son espace le pôle neurosensoriel envahissant. On peut arriver à ce résultat par une technique diététique, favorisant une alimentation riche en forces formatrices afin de stimuler l'organisme auquel elles sont apparentées. On évoque donc l'ensemble des parties supérieures de la plante.

Si le métabolisme monte dans le système neurosensoriel, l'homme tombe également malade. On parlera alors essentiellement des maladies inflammatoires qui sont causées par ce type de déséquilibres. La migraine peut s'expliquer par une montée des processus digestifs dans la tête. La chaleur du métabolisme pénètre dans un domaine qui est censé rester froid. On cherchera à compenser ce déséquilibre en renforçant le pôle neurosensoriel. De nouveau, les techniques diététique peuvent être d'un grand secours. On conseillera une alimentation riche en forces formatrices liées au pôle neurosensoriel : des légumes racines principalement.


  • Le pôle neurosensoriel est stimulé par une alimentation riche en racines.

  • Le pôle du métabolisme est stimulé par une alimentation riches en fruits (fibres) et fleurs.

  • Le système rythmique peut être renforcé par une alimentation riche en légumes verts. On parlera donc des salades fraîches, épinards, oseille, etc. Ce type de produits devraient être conseillés aux personnes plus faibles des poumons par exemple.


Dans la feuille, les liquides et l'air extérieur se rencontrent aussi. Ce n'est donc pas sans raison que la feuille a aussi été parfois appelée le poumon de la plante. L'eau monte par les vaisseaux de la tige et se distribue dans les limbes des feuilles. Là, elle rencontre l'air du dehors, qui pénètre dans la feuille par les stomates. Mais c'est seulement par l'action de la lumière solaire que s'accomplit la formation de sucres à partir du gaz carbonique de l'air et de l'eau apportée par les vaisseaux. Dès que l'air extérieur a pénétré dans les tissus de la feuille, le gaz carbonique que contient cet air se dissout dans le liquide foliaire. La lumière solaire agissant, on voit aussitôt commencer un dégagement d'oxygène. Quand les plantes vivent dans l'eau, ce gaz perle à la surface des feuilles et monte en filet de bulles. L'assimilation du gaz carbonique est donc l'exact inverse de la combustion. Dans la combustion, l'oxygène s'unit au carbone, se dégageant de la lumière et de la chaleur. Au contraire, dans l'assimilation foliaire, la plante dégage de l'oxygène et recharge cette enveloppe vie qu'est le gaz carbonique inerte (de lumière et de chaleur). La plante métamorphose la substance initiale, le carbone, et comme résultat de ces synthèses, il se dépose dans ses tissus de l'amidon. Il se forme aussi des sucres, de la cellulose, du bois, des mucilages. Tout cela n'est évidemment pas possible sans l'eau.

L'homme absorbe du carbone sous forme d'aliments et son sang le répartit à travers son organisme entier qui se construit ainsi sur un substrat carboné. Mais cet apport incessant de nourriture finirait par faire du cops humain une structure purement matérielle. Il ne serait plus question de cette merveilleuse différenciation des organes ni du maintien de la conscience, s'il n'existait pas aussi un processus radicalement opposé. Ce processus désagrège les substances à mesure de leur édification, et les remets dans le circuit. Sinon nos membres eux-mêmes se raidiraient et ne seraient plus qu'une accumulation de matière. Ce processus qui combat les tendances fixatrices du carbone, c'est l'oxygène que nous respirons. Il ne reste dans l'organisme que les forces de lumière et de chaleur appartenant au carbone, qui deviennent la chaleur du sang. Notre corps garde sa malléabilité et sa mobilité parce que sa structure carbonée est désagrégée par l'oxygène avant d'avoir pu s'épaissir de manière exagérée.


Dans l'article sur la sève, j'aborde le fait qu'il y a deux types de vaisseaux convoyant la sève brute et la sève élaborée dans un second temps.


  • le xylème : sève brute, transportant l'eau et divers électrolytes et minéraux vers les feuilles,

  • le phloème : sève élaborée, enrichies en sucres et acides aminés.



Il se fait que dans le corps humain, nous avons aussi deux types de vaisseaux convoyant le sang :


  • les veines dirigeant vers le coeur un sang riche en O² (le sang se dirige vers le coeur),

  • les artères transportant vers les poumons un sang pauvre en O² (le sang part du coeur).


Dans les deux processus, on peut remarquer qu'il y a un processus de "pompes". Un ou plusieurs moteurs permettant d'acheminer les éléments plus haut. Dans les plantes, le moteur principal est le processus foliaire alimenté en énergie par l'énergie solaire, induisant cette usine très complexe qu'est la photosynthèse. Cela induit le fameux phénomène de guttation, la transpiration foliaire, contrôlée par la plante via les stomates. Par contre, chez l'humain, la pompe principale permettant à la circulation pulmonaire (basse pression) et à la circulation systémique (haute pression) de fonctionner parfaitement, c'est le coeur. Et ce coeur se trouve proche d'une zone communément appelée... le plexus solaire. Le plexus solaire, situé sous le sternum, est un centre nerveux majeur (carrefour du système sympathique et du nerf vague) qui réagit fortement au stress, provoquant des "boules au ventre". Bien qu'anatomiquement distinct, il est étroitement lié au cœur via des fibres nerveuses et la respiration, les émotions fortes provoquant des palpitations cardiaques ou une sensation de "cœur qui descend dans l'estomac". Ce centre énergétique lorsqu'il est en déséquilibre peut induire notamment une gêne respiratoire et donc une sensation de blocage pouvant perturber par cascade la circulation sanguine.


Structurellement, les différences biologiques structurelles sont immenses puisque j'évoque une plante et un être humain. Cependant, remarquons les analogies puisque les deux systèmes utilisent une énergie solaire. On sait que l'humain a besoin de soleil afin que l'ensemble des systèmes fonctionnent (nerveux, hormonal, etc.). Cet équilibre permet à son énergie de se déployer dans tout l'organisme, à travers justement ce fameux plexus solaire qui se trouve au centre du sternum.

Les plantes sans soleil ne peuvent réaliser totalement leurs processus vitaux et aussi, quand l'équilibre est rompu, cela génère des stress de diverses natures. Il se produit des embolies. Des bulles d'air bouchent les canaux, presque exactement ce qui se déroule pour l'embolie pulmonaire chez l'humain par le fait qu'une artère pulmonaire se trouve bouchée par un caillot.



En examinant les mécanismes de transport du vivant, une symétrie frappante émerge entre l'homme et la plante. Bien que leurs structures biologiques divergent, leurs stratégies de survie répondent à une logique universelle : la circulation comme vecteur de vie et le soleil comme moteur originel.


Conclusion


  • Le Moteur de Circulation : Là où la plante utilise le processus foliaire et la photosynthèse pour hisser la sève, l'humain s'appuie sur la pompe cardiaque pour propulser le sang. Dans les deux cas, un déséquilibre de pression ou une obstruction (qu'il s'agisse de bulles d'air chez le végétal ou de caillots chez l'homme) mène à l'embolie, l'arrêt brutal du flux vital.


  • Le Carrefour du Plexus Solaire : Véritable "antenne" nerveuse et émotionnelle, le plexus solaire agit chez l'humain comme un centre de réception et de distribution de l'énergie. Bien que son nom soit métaphorique en anatomie, il souligne notre dépendance profonde à l'équilibre environnemental et lumineux, tout comme les feuilles captent la lumière pour nourrir l'arbre.


La Lumière comme Unité

L'analogie nous rappelle que nous ne sommes pas des entités isolées de la nature. Que ce soit par la synthèse de la chlorophylle ou par la régulation de nos rythmes circadiens et de notre système nerveux via le plexus, le soleil reste le chef d'orchestre. En comprenant que nos vaisseaux (veines et artères) et les canaux conducteurs des plantes partagent cette nécessité d'un "moteur" alimenté par une source extérieure, nous percevons mieux la fragilité et la beauté de notre propre mécanique interne.

En somme, nous sommes, tout comme la plante, des êtres de lumière dont la santé dépend de la libre circulation de l'énergie et de la fluidité de nos flux intérieurs.


Pour votre information, voici les deux autres processus moins détaillés puisque je préférais parler du processus le plus en lien avec la sève et le processus foliaire :


Le processus de la racine et le système neurosensoriel

La racine obéit aux forces de la pesanteur, mais elle est aussi constamment en « recherche » :

 

  • elle étend ses ramifications,

  • perçoit les substances du sol, sa teneur en eau, sa concentration en minéraux,

  • sélectionne et synthétise les substances terrestres qu’elle soustrait à la pesanteur pour toute la plante.

 

Par ailleurs, la tête humaine perçoit par ses organes sensoriels les images du monde. Elle les synthétise et les pense. De la tête, les impulsions formatrices rayonnent dans tout le corps. Comme la racine pour la plante dont la racine constitue le pôle créateur de la forme et de la charpente, la tête pour le corps humain est la partie la plus minéralisée et la plus dense.

Il y a aussi des oppositions :

 

  • le cerveau dans la tête est orienté vers les étoiles et vit à l’état flottant,

  • la racine est adonnée à la pesanteur,

  • les cellules des racines possèdent des organes sensoriels percevant la gravité : les statolithes.

 

Le système neurosensoriel humain est une projection inversée du processus de la racine.​

De nombreux principes-actifs extraits de racines le démontrent par leurs actions sur le système nerveux.



Les processus de la fleur, du fruit et le système du métabolisme

La fleur détermine des espaces intérieurs, finement formés.

 

  • la feuille 🍃 est une partie de plan,

  • la fleur 🌸 est une partie de sphère.

 

La fleur exhale : senteurs, couleurs , nectar, chaleur, pollen.

Elle inhale les éléments de l’atmosphère ou activité animale (pollen).

 

À la dernière contraction (la graine) se joint la dernière expansion : le gonflement du fruit.

Le fruit n’est pas seulement un organe limitant et enveloppant :​

 

  • il remplit l’espace interne de substances,

  • il transforme le monde extérieur en quelque chose d’intérieur,

  • il se développe sous l’influence d’une chaleur extérieure, parfois complétée par une chaleur propre.

 

Les organes supérieurs de la plante sont ceux de la reproduction, en lien avec les organes de l’abdomen humain. Les processus de fleur et de fruit, dans la mesure où ils transforment la matière, sont à relier au métabolisme humain.

 

La plante dépend totalement des influences du cosmos. L’homme a intériorisé ces impulsions dans ses organes internes (foie, rein, cœur, vésicule biliaire…).

L’homme peut s’émanciper partiellement des lois naturelles notamment dans le cycle jour/nuit.

Les processus de fleur et de fruit favorisent la mobilité dans le métabolisme, rayonnant dans les membres humains. Par son métabolisme chaleureux et régénérant, l’homme s’apparente à la floraison et à la fructification.

Par ailleurs, de nombreux fruits agissent sur l’intestin, étant constitués de fibres contribuant à nourrir le microbiote.

Ainsi, le corps de vie de l’homme est étroitement lié au corps de vie de la Terre , actif dans le monde végétal.

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