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Tour d'horizon de la vitalité

  • Renan Bernard
  • il y a 4 jours
  • 31 min de lecture

Définition et cadre de la vitalité 

Le mot vitalité provient du latin « Vita », ce qui signifie « vie ».


Ce mot peut avoir trois orientations différentes :

 

  • La première orientation est lorsque nous observons les animaux ou les enfants débordant de joie ou d’énergie. Dans le domaine médical, les thérapeutes ou médecins peuvent aussi utiliser ce concept lorsqu’ils demandent aux patients de décrire leur bien-être physique.

  • La seconde orientation est la vitalité en tant que force de vie chez les organismes vivants. Ce n’est donc pas une « énergie » que l’on retrouve dans le domaine minéral (cristaux, minéraux, etc.)

  • La troisième orientation concerne la capacité des organismes vivants à résister à des pressions extrêmes sans que cela nuise aux processus vitaux. Ce type de capacité qui ne peut être réduite à la question d’un gêne unique, de molécules ou de composés isolés.

 

Le terme vitalité est couramment utilisé pour décrire l’énergie vitale et la force d’une personne afin de montrer son conatus ou sa capacité à persévérer dans son être.

 

Quand on fait référence au conatus, il s’agit de l’effort fondamental de tout organisme vivant à persévérer dans son être et à augmenter sa force d’agir. Cette force d’agir se manifeste sous diverses formes et notamment sous la forme d’un désir.

Le corps recherche spontanément l’utile et l’agréable. L’âme recherche spontanément la connaissance. Le tout est auréolé de la pensée qui exerce son influence sur les deux.

 

  • Tout facteur qui vient augmenter notre puissance d’exister provoque la joie.

  • Tout facteur réduisant notre puissance d’exister provoque de la tristesse.

 

En découle : on ne désire pas une chose parce qu’elle est bonne, c’est parce que nous la désirons que nous la trouvons bonne. Le désir crée de la valeur ou des valeurs.

 

Dans le domaine de la santé, la vitalité peut posséder un sens pluriel et plus profond car elle englobe des dimensions physiques, psychologiques et sociales. Certains auteurs la définissent comme l’expérience consciente de disposer d’énergie et d’un sentiment de vivacité. Cependant, la littérature ne fournit pas de définition précise de ce qu’est concrètement la vitalité. On la qualifie d’expérience, de sentiment ou de disposition. Elle est liée à des effets bénéfiques en termes de bien-être, de santé et de motivation. Mais elle est peu utilisée en pratique clinique en Occident.

 

Historiquement, le concept de vitalité possède ses racines dans les médecines ancestrales telles que la médecine chinoise et ayurvédique où l’équilibre des énergies vitales est au cœur de la santé et du bien-être. On parle de Qi ou de Prâna. Cette notion se retrouve dans des pratiques issues également de l’Orient comme le yoga, la méditation, le Qi qong qui considèrent la vitalité comme une force essentielle qui traverse le corps et l’esprit, et qui est inhérente à la santé.

En naturopathie apparaît, car il en est un des fondements, le vitalisme. Cette notion renvoie à une doctrine de l’école de médecine de Montpellier, développée au milieu du 19e Siècle, suivant laquelle il existe en chacun de nous un principe vital qui est la cause produisant tous les phénomènes de la vie. Ce courant vitaliste s’oppose à la vision mécaniste. Le vitalisme soutient que les phénomènes de la vie ne peuvent se réduire aux phénomènes physico-chimiques seuls. Il reconnaît l’existence d’une âme, qui représente la puissance vitale et sensible, qui réside dans les fibres nerveuses. Par extension, le vitalisme va désigner toute doctrine qui recourt, pour expliquer les phénomènes de la vie, à une force vitale distincte de la matière inerte.

Cela renvoie également directement aux piliers définis par Hippocrate et donc faire encore remonter à plus loin la notion de vitalité.

Pour ceux qui ne connaissent pas ces 5 piliers, il s'agit du : vitalisme, causalisme, humorisme, holisme, hygiénisme.


Selon Hippocrate, le vitalisme est le potentiel vital, différent d’une personne à une autre et qui correspond à la vitalité. Une partie de cette force vitale est dite « ancestrale », dépendante du capital génétique. L’autre partie dépendante de notre alimentation, nos liens sociaux, notre lien à la nature et aux éléments, etc. La maladie serait donc le reflet de notre potentiel vital. Pour préserver santé et sa vitalité, il est donc conseiller de l’optimiser et donc comprendre par l’accompagnement de la personne, la vitalité qui l’anime afin de l’aider à retrouver le chemin de la santé.

 

La vitalité est donc pluridimensionnelle et se rapproche de la définition de la santé d’après l’OMS qui est : « un état de complet bien-être physique, mental et social » et ne se réduit pas à l’absence de maladie ou d’infirmité. Cependant, dans la pratique clinique, l’évaluation de la santé repose souvent sur des critères biomédicaux et l’absence de maladies identifiables reste un critère d’évaluation pour de nombreuses pathologies chroniques, ce qui renforce l’image d’une médecine tournée vers la maladie et non d’une médecine centrée sur l’individu dans sa globalité. On traite en priorité un symptôme mais pas l’ensemble des composants de l’humain.

La santé intégrative est un bon moyen de nous inviter à élargir nos manières d’évaluer la santé et à nous intéresser dans une perspective d’amélioration des connaissances à ce concept qui se trouve au carrefour de l’Orient et de l’Occident.

 

Concept de force vitale 

La force vitale est ce que l’on peut appeler la faculté des êtres vivants de croître, de s’adapter et de se reproduire.

Cela conduit à des manifestations visibles chez les humains mais aussi chez les plantes et animaux.

Chez les végétaux, cela s’observe par une meilleure faculté germinative, une meilleure résistance aux parasites et aux variations climatiques, un pourcentage de production plus élevé ainsi qu’une meilleure conservation des produits. J’y reviendrai plus loin avec le lien entre la vitalité et l’alimentation humaine.

Chez les animaux, cela se marque par un meilleur taux de reproduction, une résistance aux maladies et aux parasites de toutes sortes (puces, tiques, etc.), une vie plus longue en bonne santé.

 

A l’heure actuelle, la force vitale est encore méconnue car elle demeure principalement un concept et n’est pas mesurable par des méthodes scientifiques.

Cette énergie n’est pas :

 

  • Matérielle,

  • Identique et va dépendre de facteurs comme l’hérédité, notre tempérament dominant, notre environnement de vie, de notre mode de vie. Donc des marqueurs épigénétiques que j’évoquerai également plus loin, pouvant influer sur notre force vitale individuelle.

 

Point important : elle varie avec le temps, notre histoire et ce que vous vivons ainsi que notre hygiène de vie.

Comme évoqué au début de cet article, la vitalité est démontrée par la faculté qu’ont les êtres vivants de croître, de s’adapter au milieu et de se reproduire.

Différentes techniques permettent de l’évaluer ou de la ressentir :

 

-          Les méridiens : via le Mora, la réflexologie, etc.

-          L’iridologie,

-          L’effet Kirlian,

-          La psychomorphologie,

-          La cristallisation sensible

-          …

 

Elle est aussi entretenue par des facteurs naturels, comme les éléments :

 

-          Une bonne qualité de l’air,

-          Une eau de qualité,

-          La chaleur du soleil,

-          La vitalité de nos aliments,

-          Les rapports sociaux de qualité,

-          …

 

Chaque cellule d’un être vivant possède un instinct d’auto-préservation, maintenue par une force interne à l’organisme en question. L’efficacité de cette force vitale est proportionnelle à la quantité de cette force et inversement proportionnelle au degré de son activité.

 

Plus la force vitale est grande, plus le « travail » capable d’être fourni par l’organisme est important.

Plus on fait travailler notre organisme, plus on épuise la force vitale, plus on la consomme et plus on aura besoin de temps pour la récupérer.

 

Une des questions à se poser ou à poser à certaines personnes (pour des thérapeutes) :

 

--> Quel est mon/votre pourcentage de bonheur de vivre ?

 

Les rôles principaux de cette force vitale dans le domaine thérapeutique sont :

 

-          La réparation

-          L’expulsion des déchets

-          Le renouvellement des cellules mortes,

-          L’élimination des radicaux libres,

-          Combattre toute situation anormale,

-          Une meilleure capacité à s’autoguérir. 

 

La dimension physiologique de la vitalité 

Cette dimension englobe les processus biologiques notamment au niveau cellulaire. Les mitochondries jouent un rôle important car ces organites sont responsables de la production d’ATP, qui représente la principale source d’énergie pour les cellules. Un dysfonctionnement dans le fonctionnement mitochondrial est corrélé le plus souvent à une baisse de vitalité. Cela s’observe notamment dans les cas de fatigue chronique et/ou syndrome métabolique.

Le mode de vie est prépondérant, on relève l’importance de la nutrition (un chapitre lui est consacré ci-dessous), l’exercice physique et le sommeil qui influencent directement la vitalité physique.

L’exercice régulier améliore la santé cardiovasculaire, renforce la masse musculaire et augmente la production d’énergie cellulaire, contribuant à relever la vitalité si nécessaire. Plusieurs études démontrent qu’une activité modérée à intense est associée à une amélioration des marqueurs de vitalité indépendamment de l’âge. A contrario, relevons qu’un comportement addictif vis-à-vis de l’effort sportif peut contribuer à abaisser les curseurs de la vitalité, pouvant entraîner une série de dysfonctionnements physiques. Typiquement, la bigorexie peut constituer un élément pouvant abaisser la vitalité, ce qui n’est pas l’effet voulu au départ d’une pratique sportive dite « saine », sans objectifs de performance et injonctions provenant d'une quelconque autorité.

Un sommeil de qualité permet au corps de se régénérer, en facilitant la réparation cellulaire, la consolidation de la mémoire et l’équilibre hormonal. Les troubles du sommeil (apnée, insomnie) sont associés à une réduction de la vitalité et contribuent à augmenter la fatigue diurne.

 

Les pathologies qui affectent de manière significative la vitalité peuvent être la fatigue chronique, divers troubles métaboliques et les maladies inflammatoire, sans oublier divers symptômes comme la douleur. Bénigne ou aiguë, la douleur peut affecter gravement la vitalité et ne doit pas être négligée par les thérapeutes.

 

La vitalité repose essentiellement sur une relation dynamique entre les processus cellulaires comme la mitochondrie, la régulation immuno-hormonale, la réparation cellulaire et les comportements de santé et l’hygiène de vie, à savoir le sommeil, l’activité physique, la nutrition, la gestion du stress.

 

Envisager ces derniers points dans une prise en charge globale permet de mieux comprendre pourquoi certaines pratiques de vie quotidienne soutiennent la vitalité, tandis que des déséquilibres biologiques (ou comportementaux) peuvent la fragiliser. 

 

Vitalité et bien-être psychologique-social 

La vitalité ne se borne pas aux processus biologiques. Elle possède aussi une dimension psychologique. Le bien-être mental est un facteur qui influence grandement la vitalité. Plusieurs études montrent que des états tels que la dépression, l’anxiété et le stress chronique sont associés à une baisse de la vitalité. Ils affectent la motivation et la capacité d’une personne à s’engager dans des activités enrichissantes, créant de la fatigue mentale, émotionnelle diminuant la vitalité. Cela renvoie à une perte de sens et/ou à un sentiment d’inutilité, amenant à se poser la question « Quelle est ma place dans cette dynamique ? ». Cette perspective permet d’envisager une vitalité comportant aussi une dimension existentielle, en lien avec « ce qui fait sens ». Les personnes qui perçoivent qu’ils ont le contrôle de leur vie, qui se sentent compétents, soutenu dans ce qu’ils entreprennent tout en maintenant une vie sociale riche et positive sont plus susceptibles de ressentir une vitalité avec des curseurs plus élevés. A l’inverse, le manque de lien social ou l’isolement peut entraîner une baisse de la vitalité.

Des pratiques comme la méditation, les promenades en forêt, les Fleurs de Bach, voire la gemmothérapie sont de plus en plus reconnues pour aider à renforcer la vitalité en réduisant les facteurs de stress et en augmentant la résilience émotionnelle. 

 

Vitalité et relation sociale 

La relation sociale et le soutien social jouent un rôle prépondérant dans la vitalité d’une personne. Les individus intégrés dans un tissu social solide que ce soit familial, amical ou communautaire, ont tendance à afficher un niveau de vitalité plus élevé. Le soutien social agit comme un tampon contre le stress, réduisant son impact sur la santé physique et psychologique.

Les études scientifique soulignent à quel point il est primordial pour la santé physique et mentale de pouvoir partager ses émotions. La raison en est que la consolidation des liens sociaux consécutive à un tel partage est un puissant gage de soutien social et que ce dernier favorise le bien-être, la santé et évidemment, la vitalité.

Le partage social regroupe toute une série de moments comme certains rituels sociaux, c’est-à-dire des endroits ou des situations durant lesquelles des personnes expriment ou rappellent des émotions. Cela regroupe les cérémonies de funérailles, les mariages, les séances de tribunaux, les concerts ou encore diverses manifestations sportives. Partage social et rituels sociaux se recoupent presque complètement. Cela crée un sentiment d’unité qui soulève l’appartenance à un groupe social donné, et entraîne une confiance en l’avenir.

De l’autre côté, on retrouve l’exact opposé. On retrouve la solitude et l’isolement social. La solitude est un sentiment subjectif qui traduit un manque de relations sociales de qualité (« Je me sens seul »). L’isolement social est un constat objectif d’être physiquement à l’écart de contacts sociaux (« Je suis isolé »).

Des études ont permis de démontrer que la solitude est associée à un accroissement du risque de maladies cardiovasculaires, de diabètes, de troubles immunitaires et d’inflammation, de dépression, d’anxiété et de déclin cognitif. On en arrive aussi à la conclusion que la solitude et l’isolement social ont des conséquences aussi délétères pour la santé que la tabagisme, l’obésité ou l’inactivité. Ils sont en outre associés à un risque de mortalité majoré. Des études épidémiologiques montrent que les personnes socialement isolées ont des niveaux de mortalité plus élevés, ainsi qu’une propension à déclarer des troubles mentaux tels que la dépression.

Selon Jessica Morton, chercheuse en psychologie, notre société biomédicale fait reposer la responsabilité de la santé essentiellement sur l’individu : « Vous ne pouvez pas fumer » - « Vous devez faire de l’exercice physique ». Pourtant, selon elle, cette responsabilité est essentiellement collective. Ce type de déséquilibre se produit durant des périodes de désorganisation sociales telles que les crises économiques, ou encore les crises sanitaires.

Dans une société individualiste comme la nôtre, une idée majeure est que chacun doit se « faire » lui-même, se construire un égo, une destinée et montrer qu’il se situe au-dessus de la moyenne, de la mêlée. Dès lors, l’autre en face devient un inconfort. Jessica Morton nous indique qu’une personne ne peut savoir qui est-elle et évoluer qu’à partir du moment où elle s’expérimente au contact d’autrui. Par exemple, c’est à travers le regard de l’autre que l’on peut découvrir si l’on est quelqu’un d’aimable et d’estimable.

Ce chemin sur lequel on nous bombarde avec l’injonction de la méritocratie ou encore qu’il faut être performant conduit à l’émergence d’un sentiment de solitude et de perte de sens que toutes les études observent. C’est ce qui débouche sur ce malaise que l’on observe de plus en plus dans le domaine du sport et de la performance avec les sportifs de haut niveau irrémédiablement seuls face au monde alors que tout le monde pense qu’ils sont entourés. Et pourtant… la solitude dans le sport de haut niveau ou même amateur, (puisque la valorisation de la performance est à tous les échelons), conduit à un abaissement de la vitalité. Cela génère du stress, une nutrition peu adaptée au corps humain, un isolement social puisque se situant au-dessus de la mêlée, le sentiment d’isolement familial ou amical est très prégnant. La vitalité s’en trouve touchée et il n’est pas rare d’avoir ce type de profil « sportif » touché par des maladies chroniques dont ils n’ont pas toujours conscience eux-mêmes. Ce qui touche les sportifs est également ce qui touche le monde de l'entreprise avec cette pléthore de burn-out, qui n'est jamais que la conséquence d'une dévitalisation complète de l'organisme, qui se retrouve à plat.

 

La voie psychologique impacte dans un second temps les voies physiologiques et comportementales. On observe alors une montée du taux de cortisol (hormone liée au stress) avec des répercussion sur la santé cardio-vasculaire et l’immunité. Dans le même temps, les comportements de santé seront affectés aussi. Les personnes se diront : « Pourquoi arrêter de fumer si je ne sers à rien ? ou « Pourquoi faire de l’exercice physique ? ». La culpabilisation avec les injonctions que l’on rencontre souvent provenant de "coach" du type « arrêtez de vous trouver des excuses ! », n’apporte pas grand-chose et n’aura pas l’effet voulu si l’on ne cherche pas à comprendre l’origine de ce mal-être. Inciter les gens à bouger, faire du sport, les refaire rentrer dans un schéma positif est très bien, mais encore faut-il ne pas les faire basculer dans le schéma de la performance à outrance. Et cela, selon moi, n’est possible que si on trouve la source du mal-être de la personne. Sinon elle bascule d’une forme de solitude et d’isolement à une autre, et sa santé se détériore.

 

Jessica Morton nous montre que le simple fait de rejoindre un groupe social en dehors de la famille et du travail a des retombées positives sur la santé. Mais l’ampleur est variable selon l’implication de la personne dans le groupe dont il est devenu membre. A noté que selon le degré d’implication, la consommation de médicaments baisse. Plus l’individu est intégré, valorisé et actif, moins il consomme de médicaments. Des interactions sociales positives sont donc importantes pour stimuler la vitalité, tandis que des relations conflictuelles ou toxiques peuvent la diminuer.

 

La vitalité serait donc un état dynamique, une trame, donnant du sens. Une trame sur laquelle se décline le corps et la psyché, ne se séparant que par incapacité à se trouver au centre de soi. La vitalité peut aussi être comprise comme une force qui anime cette dynamique, une énergie  relationnelle et paradoxale, à la fois personnelle et ouverte, qui relie le sujet à lui-même, sa conscience, sa relation aux autres et à l’environnement.


Vitalité et rythme du corps

La Terre est décrite comme un organisme vivant qui respire selon un cycle de 24 heures, avec une inspiration maximale vers 3 heures du matin et une expiration maximale vers 15 heures. Cette respiration terrestre, portée par des forces invisibles, influence l’ensemble du vivant, y compris l’être humain. Le monde végétal, véritable organe de la Terre selon Günther Wachsmuth, participe activement à ce grand mouvement en transformant et en nourrissant l’environnement, ce qui montre que toute la biosphère est rythmée et dynamique. Ce lien entre le rythme terrestre et les processus internes des êtres vivants constitue une base essentielle de la vitalité.


Dans ce cadre, le foie joue un rôle central. Il possède un rythme propre, indépendant des repas, alternant selon les heures entre stockage et libération d’énergie. Durant la phase d’inspiration terrestre — jusqu’à 3 heures du matin — il emmagasine le glycogène, véritable réserve énergétique, puis le restitue progressivement dans le sang jusqu’en milieu d’après-midi. La sécrétion biliaire suit un rythme inverse, culminant vers 15 heures, ce qui confère à la digestion des graisses une cadence précise. Même l’absorption des lipides varie naturellement au cours des 24 heures. Ces mécanismes montrent que le métabolisme humain est traversé par une dynamique rythmique essentielle à l’équilibre, à la régénération et donc à la vitalité.


Le rythme n’est pas seulement biologique : il agit comme un médiateur entre matière et esprit. Il transforme les substances et les processus physiques en phénomènes vivants organisés, soutenus par les forces éthériques. Tous les phénomènes ayant une périodicité de 24 heures s’alignent sur le souffle de la Terre, et chaque partie de l’être humain possède son propre rythme interne. Le Moi humain, lui, évolue tout au long de ce cycle, que l’on appelle aujourd’hui rythme circadien. Lorsque ce rythme est perturbé, comme lors d’un décalage horaire, la vitalité est immédiatement touchée, notamment à travers des troubles digestifs ou une baisse d’énergie.


Historiquement, ce rythme aurait été intégré par l’être humain à une époque où il était encore en lien direct avec les forces cosmiques, particulièrement le Soleil. Aujourd’hui, bien que la nature continue de porter ce rythme, l’humain s’en est progressivement détaché en développant davantage d’autonomie mais aussi une plus grande susceptibilité au déséquilibre et à la maladie. Une nouvelle phase se dessine : celle où chacun est invité à créer un rythme personnel en harmonie avec les grandes lois du vivant. Retrouver un cycle de veille, de sommeil et d’alimentation régulier et adapté devient une clé essentielle pour restaurer la vitalité.


En diététique comme dans l’hygiène de vie, le rythme est donc un facteur majeur de force, d’équilibre et de guérison. L’être humain ne peut vivre sans rythme, et renouer avec une organisation rythmique consciente est indispensable pour soutenir l’énergie vitale. Des observations cliniques montrent même que la perte de rythme dans les organes peut accompagner des maladies graves, ce qui souligne combien la vitalité dépend profondément de cette dynamique quotidienne. Ainsi, la vitalité naît de l’accord entre les rythmes terrestres, les rythmes internes et la capacité de chacun à reconstruire un rythme de vie régulier, vivant et porteur de santé.

 

Vitalité et nutrition

Sous ce titre, on retrouve la capacité des organismes vivants à résister à des pressions extrêmes sans que cela ne nuise gravement à leurs processus vitaux. Dans le cas de graines, on appelle vitalité ou vigueur germinative, la capacité de germer dans une situation difficile, au champs ou dans un potager. Cette vitalité se définit de la manière suivante. Il s’agit de la somme des propriétés du grain qui déterminent le niveau d’activité et la performance pendant la germination et la croissance initiale. Les graines qui donnent  de bons résultats montrent une vitalité élevée et celles qui donnent de mauvais résultats montrent une vitalité faible. La méthode scientifique pour déterminer cette vitalité consiste à exposer ces organismes vivants à un traitement de stress bien défini. Ensuite il s’agit de mesurer, sur base de critères préétablis, sa capacité à résister aux effets négatifs de ces série de tests.

 

Nos aliments sont bien plus que de simples nutriments et un agencement de composés biochimiques. Ils sont vivants. Les plantes (ainsi que les animaux) sont capables dans une certaine mesure de résister à des pressions extrêmes sans que leurs processus vitaux ne soient atteints.


Test du concombre

Jens-Otto Andersen a réalisé une expérience qu’il a tentée avec des concombres en 2017. Il s’est procuré des concombres produits en agriculture conventionnelle et des concombres produits en agriculture biologique/biodynamique. Il a coupé ces concombres en tranches de 2cm, les a rassemblés et emballés dans un film alimentaire, pour ensuite les placer à température ambiante. S’ensuit l’observation de leur aspect extérieur pendant 2 semaines.

Après quelques jours, certains concombres à perdre leur couleur verte et à être attaqués par des micro-organismes. Jusque-là c’est tout à fait normal. Cependant, au bout de deux semaines, d’autres avaient conservés la couleur verte et ne présentaient pas de signes d’attaque microbienne. De plus, ces derniers, les tranches de concombres s’étaient en partie ressoudées.

Après une standardisation des conditions de l’essai, on aboutit à ce tableau :

 

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On identifie 3 groupes de concombres :

 

1)      Le premier constitue la majorité des concombres et le constat est que la couleur verte d’origine s’est transformée en un mélange verdâtre et jaune. On y constate également des attaques microbiennes. Certaines tranches se sont ressoudées.

--> Vitalité moyenne


2)      Le 2e groupe comprend 10 à 20% des concombres. La couleur est majoritairement jaunâtre voire brune. La tranches présentent des signes d’attaques microbiennes et peu se sont ressoudées. L’odeur devient aussi forte.

--> Faible vitalité

 

3)      Le 3e groupe, les tranches avaient conservé leur couleur verte d’origine. Il n’y avait aucun signes d’attaques microbiennes et toutes les tranches s’étaient ressoudées, de sorte que l’on pouvait de nouveau tenir le concombre en suspension sans que les tranches ne se dissolvent.

--> Haute vitalité

 

Ce type de test illustre deux caractéristiques fondamentales de la vitalité.

 

a)      La capacité extérieure à résister aux attaques microbiennes

b)      La capacité intérieure à maintenir les processus de vie et la globalité de l’organisme.

 

On constate également que les concombres bio (et biodynamique) obtiennent de bien meilleurs résultats. Après 7 jours, les concombres produits en conventionnels avaient davantage perdu la couleur et montraient une plus faible résistance aux attaques microbiennes que les concombres biologiques. Ensuite, les tranches de concombres conventionnels avaient moins ressoudés et étaient aussi plus jaune, voire brunâtre. Ces concombres conventionnels au bout de 14 jours se sont d’ailleurs rapidement transformés en un mélange de substance liquide et spongieuse.

 

Ce test permet de comprendre que la vitalité animant les légumes mais aussi l’ensemble de nos aliments, aura des conséquences positives pour la vitalité de notre organisme. Ce dernier profite aussi des apports de vitalité de nos aliments pour ses propres fonctions.


  • Il éliminera mieux les déchets cellulaires,

  • résistera mieux face aux microbes/virus/agents pathogènes,

  • cicatrisera mieux en cas de traumatismes bénins, voire plus grave,

  • récupérera mieux après une maladie ou une opération, etc.


En fait, pour une santé à long terme, il est important de considérer avec plus d'intérêt cette vitalité qui n’est pas garantie avec des compléments alimentaires. Selon mon point de vue, ils agissent comme un pansement.

 

La cristallisation sensible

Il s’agit d’une méthode qui se présente comme une méthode de laboratoire, c’est-à-dire qui reproduit artificiellement la cristallisation du chlorure de cuivre sous environnement contrôlé et reproductible afin que les résultats obtenus soient valides scientifiquement.

En résumé, après obtention d’une solution de cristaux de chlorure de cuivre, celle-ci est mise en présence d’un extrait aqueux d’une substance généralement organique (légumes, lait, etc.). Le principe comporte au départ un double processus aqueux convergeant. D’une part, les cristaux de chlorure de cuivre, qui se présentent sous la forme d’une poussière cristalline bleue, vont se dissoudre dans de l’eau distillée. D’autre part, la substance sous étude subit à son tour une série de transformations qui se termineront également par une solution dans de l’eau distillée.

La suite du processus consiste à mélanger ces deux substances selon des proportions mesurées et compléter avec de l’eau distillée. Le tout est ensuite versé dans une boîte de pétri, afin d’obtenir la phase suivante qui est… la cristallisation. Cette dernière phase est longue, puisqu’elle s’étale sur 12h à 24h réparties par moitié entre la déshydratation et la cristallisation. Ces phases du processus ont lieu dans une enceinte thermostatée (température régulée), appelée « cabine de cristallisation ».

La phase de déshydratation/cristallisation débouche sur l’image de cristallisation. Il s’agit d’un amas de cristaux de chlorure de cuivre. Cet amas forme un dessin. La lecture des formes adoptées par les cristaux de chlorure de cuivre après déshydratation/cristallisation est le décodage-interprétation des images. Une image de cristallisation se présente comme un spectre morphocristallin qu’il s’agit de décoder, c’est-à-dire confronter avec les connaissances, les concepts et les notions déjà connus ou adoptés par hypothèse.

Tout se passe comme si le chlorure de cuivre captait une information, une essence ou une qualité contenue dans la substance organique et transmise par l’eau puis exprimée par l’image obtenue. Dans la substance, on retrouve une polarité : vie et forme s’avèrent être les deux pôles d’une même réalité. Ces définitions convergent dans une nouvelle définition de la qualité/vitalité.

La cristallisation sensible est un processus mettant face à face un détenteur d’une information (la substance organique) et un révélateur de l’information (le chlorure de cuivre), reliés par l’eau.

 

Ces images constituent un tryptique de comparaison qualitative. Cela ne signifie pas que les carottes conventionnelles, biologiques et biodynamiques correspondent obligatoirement à ce type d’images. Il s’agit de montrer un exemple idéal tiré de l’observation de milliers d’images de substances semblables.


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Image de carottes conventionnelles.

 

Image de cristallisation caractéristique de carottes. Le centre germinatif réduit à un point, la zone intermédiaire courte et assez épaisse, la large périphérie sont caractéristiques de légumes racines. Au 6e jours, l’extrait commence à se décomposer, ce qui apparaît dans les images de cristallisation brouillées par des taches. La faible durée de conservation de l’extrait fait « classer » cet extrait dans la catégorie : de faible qualité, vitalité médiocre.

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Carottes biologiques

 

 

La multiplication des centres associées à une texture riche et serrées est caractéristique de la présence de feuilles vertes en abondance. On visualise un élément eau actif et une prédominance des forces élémentaires sur les forces d’organisation plus subtiles. La durée de conservation de l’extrait et l’évolution des images le confirment.

Ceci est une carotte possédant une bonne qualité vitale.

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Carottes biodynamiques

 

 

L’ampleur et la forme du centre germinatif correspond dans la nature sauvage à une évolution du niveau de la fleur. L’extrait se conserve mieux que les deux précédents, mais il passe par une amélioration des images qui s’organisent mieux au cours des premiers jours d’étude. Il s’agit d’une carotte de très bonne qualité globale. Elle traduit un bon équilibre des forces de production et d’organisation de la matière. Elle permet probablement de nourrir l’ensemble des plans de l’être.

L’effet biodynamique se caractérise dans les spectres morphocristallins, lorsque la biodynamie est bien conduite, par une expression nette de ces forces qui se traduisent sur la plaque par la finesse de la texture et l’harmonie de la structure, combinée à une excellente tenue au temps. Ces 3 signes combinés constituent une caractérisation conceptuelle de l’effet biodynamique dans l’image de cristallisation.

 

Je vous ai présenté cette méthode pour vous montrer un aperçu de ce qu’il est possible d’obtenir quand on parle de vitalité des aliments et l’impact que peut avoir une nourriture conventionnelle, dopée, sans forces et cultivées avec renforts de produits phytosanitaires (voir carottes conventionnelles).

Je ne jette l’opprobre sur personne et je comprends fort bien la difficulté que cela peut constituer pour certains de se procurer des légumes bio et/ou biodynamiques. L’idée étant de pouvoir laisser une liberté de choix à tout un chacun avec un éventail d’informations permettant de poser ce choix éclairé qui fera la différence.

Par cette méthode, cela montre que la vitalité, concept vague à l’heure actuelle, peut être largement éclairé par un mode de culture respectueux de l’environnement et surtout, de l’humain dans toutes ses dimensions.

 

La teneur en nutriments, la panacée ?

La connaissance des nutriments se base sur une analyse chimique toujours plus complète, ce qui contribué à faire progresser notre compréhension de la nutrition et de la santé humaine. Justus von Liebig a contribué à accéder à des connaissances comme :

 

  • les protéines,

  • les corps gras,

  • des hydrates de carbone,

  • des minéraux,

  • des oligo-éléments.

 

Cela a permis également d’avoir des connaissances sur la valeur nutritive des aliments, sans oublier les notions sur le métabolisme, la digestion, etc..

 

Toutefois, il s’agit d’une simplification de nos connaissances actuelles car les chimistes ont identifiés plus de 1000 composés secondaires dans le café, plus de 2000 dans les variétés anciennes de fraises et encore davantage dans les épices et plantes médicinales. Ces composés sont majoritairement créés dans le métabolisme secondaire des plantes et ils ne font pas partie du métabolisme de base, comme la croissance cellulaire et la production d’énergie. Ce type de composés se trouve dans les composés volatiles du café, du vin rouge, des fraises, dans les couleurs des fleurs, des fruits et des épices, par le biais des moyens de défenses développées par les plantes contre certains insectes, etc.

La gamme des composés secondaires est larges mais on peut mentionner trois groupes principaux : les glycosides, les alcaloïdes et les phénols.

 

1)    Les glycosides : ils sont présents dans quasiment toutes les plantes et légumes. Les substances amères appartiennent à ce groupe et le brocolis en contient lui aussi.


2)    Les alcaloïdes : ils comprennent des composés tels que la quinine, la cocaïne et la strychnine. Un grand nombre de ces substances impactent fortement notre système nerveux et peuvent constituer de puissants poisons quand ils sont consommés à forte dose.


3)    Les phénols : ils sont présent partout dans le règne végétal, via les légumes, les épices. Plus un fruit ou une feuille est colorée, plus sa concentration en phénols sera élevée. 

Ces composés sont ce que l’on appelle des antioxydants, à l’instar des vitamines C et E. La principale caractéristique est leur capacité à neutraliser les processus d’oxydations nuisibles qui ont lieu en continu au sein de nos cellules.


Cette oxydation cellulaire est omniprésente dans notre vie quotidienne :

 

  • L’oxygène de l’atmosphère qui fait rapidement brunir une pomme coupée

  • Certaines huiles riches en oméga-3 comme l’huile de lin ou de noix qui rancissent très rapidement si on les conserve trop longtemps en dehors du frigo.

 

Au sein de notre organisme, c’est le même procédé. A condition de mener une vie saine physiquement et émotionnellement stable, notre corps est capable de neutraliser ces radicaux libres qui sont produits à chaque seconde. Ces composés agressifs subtilisent les électrons des tissus environnants et peuvent sérieusement endommager les membranes cellulaires. Les antioxydants ont pour mission principales de neutraliser ces radicaux libres. Un niveau insuffisant d’antioxydants réduira l’efficacité des mitochondries (qui fabriquent l’énergie cellulaire) et l’organisme fonctionnera moins bien. 

L’effet synergique est également à prendre en compte, c’est-à-dire qu’un composé seul ne fonctionnera pas. L’effet cocktail est très important. Des composés spécifiques s’influencent mutuellement de telle manière qu’ils augmentent ou diminuent l’un/l’autre l’effet sur la santé. 

Ceci montre que plus une assiette est diversifiée et équilibrée, plus l’incidence sera bénéfique sur l’organisme et plus la vitalité de l'organisme sera importante.

 

L’analyse quantitative

La science nutritionnelle moderne commet la même erreur que la plupart des sciences biologiques. A savoir que la démarche analytique, bien que reposant sur des éléments factuels, amène à considérer un aliment comme une somme de composés simples, sans se soucier de l’origine, de la forme sous laquelle ils sont ingérés, du mode de production ou des combinaisons qu’ils forment avec les autres constituants de la ration. Le risque majeur avec cette approche « puzzle » est d’en avoir une connaissance parcellaire et de penser que l’assemblage des parties corresponde au tout. La science nutritionnelle communique beaucoup d’informations, de détails, tant et si bien qu’à la fin, tout est embrouillé. C’est ce qui donne l’alimentation « puzzle », une pensée de déstructuration.

 

Il est difficile aussi de prendre du recul et d’évaluer l’effet de la nourriture sur notre organisme.

Cela est dû au fait que l’on s’adresse en priorité :

 

  • aux sensations premières

  • à la sphère affective

 

Exemples d’habitudes courantes

 

  • j’aime

  • Je n’aime pas

  • J’ai le palais sucré

  • Je suis très poisson

  • Je suis très chocolat

 

Nous sommes bien plus que ça et il est intéressant d’aller au-delà. Ces affirmations nous renseignent sur nos goûts individuels, mais nous éloignent d’une vraie connaissance des aliments et de l’effet qu’ils ont sur nous.

En devenant plus actifs dans la relation que nous entretenons avec la nourriture, en passant du statut de spectateur à celui d’acteur, en tournant plus régulièrement la conscience vers le dedans, nous arriverons à élargir notre champ de conscience.

Il s’agit de prendre davantage sa santé en main, sans obéir continuellement à une autorité extérieure qui ne connaît pas totalement nos vrais besoins.

 

Il ne s’agit de réfléchir non plus en terme de régimes. La plupart des régimes reposent sur des raisonnements plutôt que sur de saines observations. En matière de sciences et surtout de sciences nutritionnelles, mieux vaut un peu de raisonnement, et beaucoup d’observation que le contraire !

Les données scientifiques ou les calculs nutritionnels permettent d’éviter certaines erreurs mais au bout du compte, elles donnent peu d’éléments permettant de choisir entre les différentes tendances ou régimes proposés.

 

Quelques enseignements universels

Les données de la science nutritionnelle, l’enseignement de la tradition et l’observation donnent suffisamment d’informations pour pouvoir transmettre quelques enseignements de base pour une alimentation saine. L’ensemble de ces recommandations vise également à utiliser au maximum les aliments produits en bio ou en biodynamie. Et si la provenance est locale, c’est encore mieux.

 

1)      Eliminer ce que l’on appelle les aliments « vides », c’est-à-dire des aliments dépourvu de nutriments et qui vont contribuer à baisser la vitalité en encrassant l’organisme. 

On peut viser 3 grandes catégories d’aliments :

 

  • Le sucre : je pense naturellement au sucre raffiné. Il est à éliminer prioritairement puisqu’il apporte ce que l’on apporte des calories vides. Il provoque énormément de maladies liées au système digestif, système nerveux et est également visé dans nombre de maladies chroniques. Il est présent et souvent caché dans nombre d’aliments ultra-transformés : sodas, produits de boulangerie, pâtisseries, viennoiseries, confiture, les conserves de fruits, les yaourts, les bonbons, etc. Ces derniers contiennent énormément d’additifs. Il est préférable de se diriger vers le sucre de canne complet (rapadura), le miel, ou des fruits secs.

 

Le grand défi est de se déshabituer à manger sucré. Une fois que l’on y arrive, la plupart des aliments cités au-dessus deviennent écœurant.

Dans tous les cas, moins vous en mangerez, mieux vous, vous porterez.

 

  • Les céréales raffinées : je vise le pain blanc, les pâtes blanches, biscottes et pâtisseries à la farine blanche (c’est-à-dire, quasiment toutes les pâtisseries, même sous de grands noms), le riz blanc, etc. L’idée est donc de pouvoir consommer et utiliser des céréales et farines complètes bio qui conservent l’ensemble des protéines, vitamines et sels minéraux. Si l’on débute dans la consommation d’aliments complets, commencer par le mi-complet en transition lors de changements dans l’alimentation. Supprimer les céréales raffinées provenant du conventionnel, permet également d’éviter une contamination aux produits phytosanitaires, comme le glyphosate. Ce n’est pas miraculeux mais moins nous sommes exposés, mieux c’est. Il faut savoir que ces produits se comportent comme de véritables « encrasseurs » dans l’organisme qui n’arrive pas à les éliminer seul et totalement. A savoir aussi que le glyphosate est un composé de formule brute C3H8NO5P appelé N-(phosphonométhyl)glycine et donc dans l’organisme, l’hypothèse existe que ce soit un analogue à l’acide aminé « glycine ». Cela veut dire que la molécule de glyphosate prend la place de l’acide aminé présent naturellement via notre alimentation et perturberait beaucoup de fonctions dans l’organisme, où la glycine joue un rôle important. A savoir : neurotransmetteur, antioxydant, détoxifiante (foie), favorise le sommeil, etc.

 

  • Les lipides (matières grasses) : là-aussi, il convient d’éviter toutes les huiles raffinées, c’est-à-dire que l’on a une extraction à chaud utilisant des solvants chimiques dont le majoritaire est un produit pétrolier, l’hexane. Toutes les étapes de fabrication sont lourdes de conséquence pour la qualité nutritionnelle de l’huile.


    La nature des acides gras provenant d'huiles raffinées est modifiée :


  • de la forme CIS naturelle, ils passent à la forme TRANS, néfaste pour la santé. 

  • les vitamines liposolubles (surtout la vitamine E) sont détruites. La vitamine E joue un rôle important de protecteur contre l’oxydation.

  • les qualités organoleptiques disparaissent : saveur, odeur et aspect uniformisés. Les acides gras sont oxydés.


Conséquences sur la santé :

 

  • Déséquilibre nutritionnel important.

  • Huile dénaturée et oxydée, provoquant des dégâts cellulaires.

  • Souvent issues de plantes OGM et/ou exposées aux produits phytosanitaires, concentrés dans la partie lipidique.

 

Je conseille donc de privilégier les huiles de première pression à froid en ce qui concerne les huiles végétales. Ensuite diversifier un maximum les sources d’acides gras :

 

  • Végétales : lin, noix et oléagineux, colza, coco, etc.

  • Animale : beurre (au lait cru), ghee, gras de canard, gras de cochon (ça sent fort), les petits poissons gras, etc.

  

2)      Manger des fruits et légumes de saisons, bio et ayant poussés en terre 

Manger des haricots verts en décembre provenant d’Afrique du Sud, des fraises en janvier et des tomates toute l’année est un non-sens écologique. Chaque saison possède ses fruits et ses légumes. S’entêter à vouloir manger des fruits et légumes hors saison, sous serre, dans des substances nutritives est un gaspillage d’énergie et donne des légumes insipides, à tendance "eau". Ce qui donne des fruits et légumes « dopés », ne contenant plus de nutriments et minéraux puisqu’ils sont littéralement dilués. Ils deviennent alourdissant et non plus vitalisant pour l’organisme. Je déconseille également les fruits et légumes produits en aquaponie, exactement pour les mêmes raisons.

Quels légumes manger en hiver ? tous ceux qui se conservent dehors ou en cave/silo, soit lacto-fermentés : ail, betterave, carotte, céleri-rave, chicorée, toutes les sortes de chou, les courges, navet, panais, salsifis, topinambour, etc. Ajoutons également toutes les légumineuses sèches (haricots, pois secs, pois chiches, lentilles) et céréales sèches (millet, boulghour, sorgho, sarrasin, etc.).

 

3)      Manger des aliments lactofermentés 

Les techniques de fermentation présentent un grand intérêt nutritionnel en combinaison d’une alimentation saine et équilibrée. C’est-à-dire que ça n’est pas miraculeux mais cela constitue un bon apport de vitalité à destination de l’organisme mais son utilisation doit être aussi régulée. Je préconise de les considérer comme condiments dans les plats, ce qui permet de les consommer en combinaison avec d’autres aliments et de former une synergie avec eux.

 

4)      Manger de la vitalité permet de manger peu mais de qualité 

Je préconise de supprimer au maximum tous les aliments dévitalisants, qui rassasie sans nourrir l’organisme, déjà évoqués précédemment.

Lorsque l’on mange des fruits, des légumes, des céréales, un produit animal de qualité et que l’on prend le temps de goûter, de savourer ce que l’on mange, on a moins besoin de manger de grandes quantités.

De grandes quantités de nourriture ne veut pas dire « santé », « énergie » et « vitalité ». Quand on vise la santé à long terme, je conseille de privilégier la qualité, qui contribuera à rassasier plus vite et pour une grande durée.

 

5)      Mastiquer longuement 

En lien avec le dernier point, je conseille de mastiquer longtemps vos aliments afin de profiter de toutes leurs vitalités, des goûts et des saveurs.

C’est fondamental pour les céréales qui peuvent provoquer des problèmes de digestion si elles sont mal mastiquées. La salive contient des enzymes digestives dont l’amylase salivaire qui permettent de dégrader l’amidon. Si cette première attaque manque, il faudra attendre que le bol alimentaire arrive dans le duodénum pour que l’amidon soit décomposé. Et si des dysfonctionnements sont aussi présent à cette étape, cela va causer de gros problèmes au niveau des intestins, comme une dysbiose, contribuer à l’intestin poreux, une fermentation dans le côlon, etc.

Une meilleure mastication permet également de découper les aliments contenant les protéines et permet de ne pas surcharger l’estomac siège de la dégradation des protéines.

 

Une mastication incomplète conduit à une digestion laborieuse, lente et ne garantira pas une bonne vitalité.


L'épigénétique, pour une bonne vitalité?

L’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment les gènes vont être utilisés par une cellule… ou non.

En d’autres termes, l’épigénétique étudie les changements dans l’activité des gènes, sans modification de la séquence d’ADN, et transmissibles lors des divisions cellulaires.

Contrairement aux mutations qui affectent la séquence d’ADN, les modifications épigénétiques sont réversibles.

Un gène est un segment d’ADN contenant l’information nécessaire à la synthèse d’une ou plusieurs molécules constituant l’organisme.

Le gène est :

  • Actif / allumé / exprimé : lorsque la synthèse a lieu.

  • Inactif / éteint / réprimé : lorsque la synthèse est absente.

L’expression génétique n’est pas binaire :

  • Certains gènes sont très actifs (surexprimés)

  • D’autres sont partiellement réprimés (synthèse faible).

Les modifications épigénétiques sont induites par l’environnement au sens large.

La cellule reçoit en permanence des signaux :

  • Pour se spécialiser au cours du développement

  • Pour ajuster son activité à la situation.


1. Les signaux pouvant modifier l’expression des gènes (sans modifier la séquence)

Catégorie de signal

Description

Qualité du lien social

Influence les interactions sociales et le soutien relationnel

Niveau de stress et sa gestion

Impact sur le stress perçu et les mécanismes d’adaptation

Activité physique

Effets de l’exercice sur l’organisme

Qualité de l’alimentation et statut nutritionnel

Apports nutritionnels et équilibre alimentaire

Qualité de l’humeur

Sentiment général, état émotionnel du moment

2. Les facteurs pouvant provoquer des mutations génétiques

Facteur

Description / Impact potentiel

Stress oxydatif

Endommage l’ADN par accumulation de radicaux libres

Inflammation

Peut altérer les cellules et favoriser des erreurs de réplication

Polluants (tabac, produits chimiques et phytosanitaires, produits cosmétiques,…)

Exposition à des agents mutagènes

Médicaments

Certains peuvent modifier l’ADN ou sa réparation

Modifications du régime alimentaire

Carences ou excès pouvant causer des perturbations cellulaires

Stress

Perturbe les mécanismes cellulaires et la stabilité génétique

Ces modifications peuvent être :

  • Transitoires

  • Pérennes, persistant même après la disparition du signal initial.

Les modifications sont matérialisées par des marques biochimiques, apposées par des enzymes spécialisées :

  • sur l’ADN

  • sur les protéines histones qui structurent l’ADN.

Les marques les mieux connues :

  • Groupements méthyle (CH₃) apposés sur l’ADN

  • Modifications chimiques des histones : méthylation, acétylation, etc.

L’épigénétique montre que : notre environnement, nos comportements et notre mode de vie influencent l’expression de nos gènes — sans changer notre ADN.


Lien entre anomalies épigénétiques et maladies​

Les anomalies épigénétiques contribuent au développement et à la progression de maladies, notamment les cancers.

Les processus épigénétiques régulent :

  • La division cellulaire

  • La différenciation

  • La survie et la mobilité cellulaire

Leur altération peut transformer des cellules saines en cellules cancéreuses.

Exemples d’anomalies observées :

  • Activation d’oncogènes ou inhibition de gènes suppresseurs de tumeurs.

  • Mutations dans les gènes codant les enzymes responsables du marquage épigénétique.

  • Ces phénomènes pourraient favoriser la progression tumorale.

Syndromes héréditaires & maladies complexes

Exemple : syndrome ICF (Immuno-déficience combinée, instabilité de l’hétérochromatine paraCentromérique et dysmorphie Faciale) → mutation d’une enzyme de méthylation de l’ADN.

L’épigénétique joue aussi un rôle dans :

  • Les maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, SLA, Huntington…)

  • Les maladies métaboliques (obésité, diabète de type 2…).

Influence de l’environnement et de la vie intra-utérine

Des expositions précoces (dès la fécondation) pourraient être liées à des maladies chroniques de l’adulte.

Des erreurs épigénétiques embryonnaires peuvent causer :

  • Un manque de néphrons → risque accru d’hypertension.

  • Une carence en cellules bêta du pancréas → risque de diabète.


Epigénétique et vitalité

Pour rappel, l’épigénétique étudie la manière dont notre environnement et nos habitudes de vie influencent l’expression de nos gènes sans en modifier la séquence d'ADN. Ces mécanismes jouent un rôle essentiel dans la vitalité, car ils conditionnent la façon dont nos cellules fonctionnent, se régénèrent et s’adaptent aux contraintes du quotidien. Une alimentation équilibrée, un bon niveau d’activité physique, une gestion saine du stress, un sommeil réparateur ou encore la qualité du lien social peuvent activer ou désactiver certains gènes impliqués dans l’énergie cellulaire, l’immunité ou l’humeur. À l’inverse, le stress chronique, l’inflammation, les polluants ou une mauvaise hygiène de vie peuvent altérer ces régulations épigénétiques, affaiblir la résilience biologique et réduire la vitalité.

Ainsi, notre mode de vie dialogue en permanence avec notre génome, modelant notre santé et notre dynamisme au quotidien.

Conclusion

La vitalité, dans toutes ses dimensions — physiologique, psychique, sociale et nutritionnelle — apparaît comme une trame vivante, mouvante, sur laquelle le corps et la conscience tissent leur propre équilibre.

Elle n’est pas un état fixe, mais un mouvement, un souffle, un lien entre nous, les autres et le monde. Prendre soin de cette force, de ce rythme, c’est apprendre à reconnaître ce qui nous anime, ce qui nous relie et ce qui nous élève.


Nous sommes vivants, et le temps fait partie de la vie car il se manifeste uniquement dans le présent. Si notre esprit a la capacité de créer une « épaisseur du temps » et de ressentir son déroulement, notre corps physique, lui, demeure ancré dans l’instant. Il ne se projette ni dans le passé ni dans le futur. Nous pouvons percevoir plus clairement la réalité du temps en développant une conscience plus fine de notre corps et de nos sensations. Vivre avec le temps, c’est vivre dans son corps, en présence, dans une relation d’harmonie consciente.


Notre soma — le corps tel qu’il est perçu de l’intérieur, associé dans l’hindouisme moderne au dieu lunaire Soma, divinité vitale qui donne vie et croissance aux végétaux — témoigne de cette relation permanente aux rythmes biologiques. Nos cellules vivent continuellement ces rythmes, car la trame même de la vie est temporelle. Comme le rappelle Alain Reinberg : « Les rythmes biologiques sont une propriété fondamentale du vivant. »


En cultivant une écoute attentive de nous-mêmes et de notre corps, il devient possible d’entrer en harmonie avec le temps et avec l’Univers. Cette présence à l’instant, soutenue par l’écoute corporelle, constitue une méthode permettant de vivre pleinement au présent, en réceptivité, en unité avec soi-même et dans des actions conscientes. L’enjeu est de cesser de nier notre temporalité pour mieux la connaître et la comprendre.


Respecter notre temporalité est une voie vers davantage de liberté. Cette liberté ne découle ni du refus ni de la fuite hors du temps, mais de l’acceptation de ses contraintes, de ses rythmes et de ses lois. Les rythmes biologiques, tout comme la vitalité qui en découle, représentent un appui naturel pour le corps, facilitant l’adaptation et favorisant une évolution plus harmonieuse. En acceptant notre inscription dans le temps, nous pouvons synchroniser et optimiser notre liberté d’être.


C’est peut-être là que commence véritablement la santé : dans cette présence à ce qui nourrit, soutient et fait croître la vie.


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Bibliographie :


  • Brami, C., & Abad, S. (2025). Le concept de vitalité en santé : un cadre pour repenser les soins dans une perspective intégrative. Hegel, (153), 323–328.

  • Lambert, P. (2025). La participation sociale : un atout pour la santé. Athéna, (373), 35–38.

  • Collin, I. (2024). Cours d’hygiène vitale. Eki Santé.

  • Lagière, A. (2021). Aux sources de la naturopathie : La sagesse antique au service de notre santé. NeoSanté Éditions.

  • Coudron, O. (1997). Les rythmes du corps : Chronobiologie et santé. Nil Édition.

  • Aubert, C. (1979). Une autre assiette : Conseils pratiques pour une alimentation saine, simple, savoureuse et économique. Debard.

  • Tesson, M.-F., & Fernandez Bravo, M. A. (2000). Cristaux sensibles : Contribution théorique et pratique à une science du vivant. Éditions du Fraysse.

  • Andersen, J.-O. (2021). Vitalité : De la terre à la table. MABD.

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